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8 août 202636 min de lecture

PLPDMA : comment utiliser les données de terrain pour construire le diagnostic et mesurer les actions ?

Découvrez comment les données de terrain peuvent enrichir le diagnostic d’un PLPDMA, cibler les actions de prévention et mesurer leur évolution dans le temps.

PLPDMA : comment utiliser les données de terrain pour construire le diagnostic et mesurer les actions ?

Partie 1 — PLPDMA : pourquoi les données de terrain renforcent le diagnostic d’une collectivité

La prévention des déchets ne repose pas uniquement sur des objectifs nationaux ou des campagnes de sensibilisation. Pour être efficace localement, elle suppose de comprendre ce qui se passe réellement sur le territoire, d’identifier les comportements, de localiser les difficultés et de mesurer leur évolution.

C’est précisément l’un des enjeux du Programme local de prévention des déchets ménagers et assimilés (PLPDMA).

Depuis fin 2015, les collectivités territoriales et groupements compétents concernés doivent élaborer un PLPDMA. Son cadre réglementaire est défini par les articles R.541-41-19 à R.541-41-28 du Code de l’environnement. Le programme vise à coordonner les actions de prévention permettant de contribuer aux objectifs nationaux de réduction des déchets. Légifrance

Pour les collectivités, la question n’est donc pas seulement :

Quelles actions allons-nous mener ?

Elle est d’abord :

À partir de quelles données allons-nous décider où agir, sur quoi agir et comment mesurer les résultats ?


Qu’est-ce qu’un PLPDMA ?

Le PLPDMA est un programme territorial consacré à la prévention des déchets ménagers et assimilés.

La prévention intervient en amont de la gestion du déchet : elle cherche notamment à réduire les quantités produites, favoriser le réemploi ou prolonger la durée d’usage des produits.

Le Code de l’environnement prévoit que les PLPDMA coordonnent les actions conduites par les acteurs publics et privés afin de contribuer aux objectifs de prévention définis au niveau national. Légifrance

L’ADEME rappelle également que les PLPDMA s’inscrivent dans la politique nationale de prévention des déchets et constituent le cadre local permettant aux collectivités d’organiser leur démarche. Économie Circulaire ADEME


Un programme qui commence par un état des lieux

Avant de définir des actions, la collectivité doit connaître son territoire.

Le contenu réglementaire du PLPDMA prévoit notamment l’établissement d’un état des lieux permettant de caractériser la situation locale et d’identifier les acteurs et actions déjà présents sur le territoire. Le programme doit ensuite déterminer des objectifs de réduction, les mesures à mettre en œuvre ainsi que des indicateurs permettant d’en suivre les résultats. Légifrance

Cette étape est fondamentale.

Sans diagnostic suffisamment précis, une collectivité peut multiplier les actions sans savoir :

  • quels secteurs sont réellement prioritaires ;

  • quelles catégories de déchets posent problème ;

  • quels phénomènes sont ponctuels ou récurrents ;

  • quelles populations ou zones doivent être ciblées ;

  • quelles actions ont réellement produit un effet.


Quelles données alimentent généralement le diagnostic ?

Une collectivité dispose déjà de nombreuses informations pouvant contribuer à son PLPDMA.

Par exemple :

Données relatives aux déchets

  • tonnages collectés ;

  • quantités par flux ;

  • évolution annuelle ;

  • performances de collecte ;

  • fréquentation des déchèteries ;

  • composition des déchets lorsqu’elle est connue.

Données territoriales

  • population ;

  • typologie de l’habitat ;

  • densité ;

  • activité économique ;

  • zones touristiques ;

  • établissements publics ;

  • équipements de collecte.

Données liées aux usages

Elles peuvent provenir :

  • d’enquêtes ;

  • de questionnaires ;

  • de réunions publiques ;

  • de retours des agents ;

  • d’études comportementales ;

  • de consultations des habitants.

Ces données donnent une vision indispensable du territoire.

Mais elles ne montrent pas toujours précisément ce qui se produit sur le terrain, à un endroit donné et à un moment donné.


La différence entre données déclaratives et données terrain

Prenons un exemple simple.

Une enquête peut montrer que :

80 % des habitants interrogés déclarent connaître les règles de dépôt des encombrants.

Cette information est utile.

Mais parallèlement, les agents peuvent constater chaque semaine plusieurs dépôts au pied des mêmes points de collecte.

Les deux données ne se contredisent pas nécessairement.

Elles répondent à deux questions différentes.

L’enquête renseigne sur la perception ou le comportement déclaré

« Que disent les habitants ? »

La donnée terrain renseigne sur les faits observés

« Que se passe-t-il réellement sur le territoire ? »

C’est la combinaison des deux qui enrichit le diagnostic.


Que peut apporter une observation structurée du terrain ?

Imaginons qu’un service relève systématiquement les dépôts sauvages ou dépôts irréguliers rencontrés lors de ses interventions.

Pour chaque observation, il enregistre :

  • l’emplacement ;

  • la date ;

  • une photographie ;

  • le type de déchets ;

  • une estimation du volume ;

  • l’intervention effectuée ;

  • la date d’enlèvement.

Au bout de quelques mois, ces informations permettent de répondre à des questions beaucoup plus précises.

Où se concentrent les problèmes ?

Une cartographie peut faire apparaître quelques zones fortement récurrentes.

Quels déchets retrouve-t-on ?

Encombrants, déchets ménagers, cartons, déchets verts ou autres catégories.

À quelle fréquence ?

Un même emplacement peut être concerné une fois dans l’année ou plusieurs fois chaque mois.

À quels moments ?

Certains phénomènes peuvent être saisonniers ou apparaître après des événements particuliers.

Les problèmes réapparaissent-ils après intervention ?

Cette donnée est essentielle pour distinguer une situation ponctuelle d’un problème structurel.


Exemple : deux sites qui semblent identiques

Prenons deux points de collecte.

Site A

10 dépôts recensés au cours de l’année.

À première vue, le problème paraît important.

Mais les dix dépôts ont eu lieu pendant une période de travaux exceptionnelle.

Site B

10 dépôts recensés également.

Mais ils sont répartis régulièrement sur toute l’année, au même endroit et avec les mêmes types de déchets.

Le nombre annuel est identique.

Pourtant, les réponses à apporter peuvent être complètement différentes.

Le site B révèle probablement une récurrence qu’il faut comprendre et traiter.

C’est précisément l’intérêt de disposer d’un historique structuré.


Passer d’un constat ponctuel à une connaissance territoriale

Un signalement isolé apporte une information.

Cent signalements structurés deviennent une base d’analyse.

Lorsqu’ils sont géolocalisés, catégorisés et historisés, les constats terrain permettent de produire :

  • une cartographie des zones problématiques ;

  • un classement des sites les plus récurrents ;

  • une analyse des catégories de déchets ;

  • une évolution mensuelle ou annuelle ;

  • une mesure de la fréquence de réapparition ;

  • un historique des interventions.

Cette connaissance peut ensuite compléter les autres données utilisées pour le diagnostic du PLPDMA.


Les données terrain ne remplacent pas le diagnostic du PLPDMA

C’est une distinction essentielle.

Un PLPDMA porte sur l’ensemble de la politique locale de prévention des déchets ménagers et assimilés.

Le diagnostic ne peut donc pas être réduit aux dépôts sauvages ou aux interventions des services techniques.

Les données terrain constituent une source complémentaire.

Elles peuvent enrichir :

  • la connaissance des usages ;

  • l’identification des points de vigilance ;

  • la compréhension des phénomènes locaux ;

  • la priorisation de certaines actions ;

  • l’évaluation de leur effet.

Elles ne remplacent ni les données de collecte, ni les études, ni la concertation, ni les autres composantes requises pour élaborer le programme.


Du diagnostic à l’évaluation

L’intérêt des données terrain ne s’arrête pas à la construction du diagnostic initial.

Le Code de l’environnement prévoit un bilan annuel du PLPDMA, qui évalue notamment l’impact des mesures mises en œuvre sur l’évolution des quantités de déchets ménagers et assimilés produites, à partir des indicateurs prévus dans le programme lorsqu’ils peuvent être renseignés annuellement. Le programme fait par ailleurs l’objet d’une évaluation tous les six ans. Légifrance

Cela introduit une deuxième question :

Comment savoir si une action locale produit réellement un effet ?


Exemple : mesurer l’effet d’une action

Une collectivité constate des dépôts récurrents autour d’un point d’apport volontaire.

Pendant trois mois :

36 dépôts sont recensés.

Elle met ensuite en place :

  • une nouvelle signalétique ;

  • une action de sensibilisation ;

  • une modification de l’aménagement du site ;

  • une adaptation des interventions.

Trois mois plus tard :

18 dépôts sont recensés.

Cette baisse ne suffit pas, à elle seule, à démontrer un lien de causalité avec l’action engagée.

Mais elle constitue un indicateur permettant de suivre l’évolution du phénomène et de compléter d’autres éléments d’évaluation.

Le suivi peut être poursuivi sur six mois, un an ou davantage afin de vérifier si l’évolution se confirme.


Quels phénomènes peut-on suivre ?

Les observations terrain peuvent notamment permettre de suivre :

La fréquence

Combien de constats par semaine ou par mois ?

La récurrence

Combien de fois un même site est-il concerné ?

La localisation

Quels quartiers ou secteurs concentrent les difficultés ?

La typologie

Quels types de déchets apparaissent le plus fréquemment ?

Le volume estimé

Le phénomène diminue-t-il seulement en fréquence ou également en importance ?

Les interventions

Combien d’interventions sont nécessaires et avec quels délais ?

L’évolution

Le phénomène augmente-t-il, diminue-t-il ou se déplace-t-il ?


Pourquoi la géolocalisation est particulièrement utile

Une liste de 500 interventions indique l’activité du service.

Une carte de ces 500 interventions peut révéler immédiatement que :

  • 50 % sont concentrées dans dix zones ;

  • certains sites connaissent une forte récidive ;

  • plusieurs secteurs sont quasiment épargnés ;

  • certains problèmes sont liés à des équipements particuliers.

La dimension géographique transforme donc la donnée opérationnelle en information territoriale.


Comment GesDéchets peut contribuer

C’est précisément à ce niveau que GesDéchets peut intervenir.

L’objectif n’est pas de remplacer le PLPDMA ni de produire automatiquement son diagnostic.

GesDéchets peut contribuer à alimenter la connaissance du territoire en permettant de structurer des données issues des observations et interventions terrain :

  • localisation ;

  • date ;

  • typologie ;

  • photographie ;

  • volume ou importance estimée ;

  • statut ;

  • intervention ;

  • historique.

Ces informations peuvent ensuite être analysées afin d’identifier les zones récurrentes et de suivre certains phénomènes dans le temps.


Le positionnement à retenir

Les questionnaires apportent une vision des usages. Les statistiques apportent une vision des flux. Les données terrain apportent une vision des faits observés.

En combinant ces différentes sources, la collectivité dispose d’un diagnostic plus riche pour éclairer ses décisions.


À retenir

Un diagnostic PLPDMA pertinent ne repose pas sur une source unique.

Il combine notamment :

Données statistiques + données territoriales + concertation + observations de terrain

Les données terrain présentent trois intérêts particuliers :

  • localiser précisément les phénomènes ;

  • identifier leur récurrence ;

  • suivre leur évolution après la mise en œuvre d’une action.

Elles permettent ainsi de passer progressivement :

du constat → à l’indicateur → puis à l’aide à la décision.


Sources officielles

  • Code de l’environnement — articles R.541-41-19 à R.541-41-28 relatifs aux PLPDMA. Légifrance

  • ADEME — méthodologie et ressources relatives à l’élaboration des programmes locaux de prévention des déchets ménagers et assimilés. Économie Circulaire ADEME

Dernière vérification réglementaire : août 2026.

Partie 2 — Quelles données terrain collecter pour alimenter un PLPDMA ?

Une donnée terrain n’a de valeur que si elle est structurée, comparable et exploitable dans le temps.

Photographier un dépôt, noter une adresse ou enregistrer une intervention constitue déjà une information utile. Mais si chaque agent saisit différemment les constats, l’analyse devient rapidement difficile.

L’objectif est donc de définir une grille de relevé commune permettant de transformer des observations ponctuelles en indicateurs.


1. Localiser précisément le phénomène

La première information à relever est la localisation.

Elle peut comprendre :

  • adresse ;

  • coordonnées GPS ;

  • rue ou quartier ;

  • secteur de collecte ;

  • proximité d’un point d’apport volontaire ;

  • proximité d’un équipement public ;

  • type d’espace concerné.

La géolocalisation permet ensuite de construire une carte et d’identifier les zones où les phénomènes se concentrent.

Pourquoi est-ce important ?

Deux territoires peuvent enregistrer le même nombre de signalements tout en présentant des situations totalement différentes.

Dans un premier cas, les constats sont répartis uniformément.

Dans le second, 70 % des constats sont concentrés sur quelques points.

La réponse opérationnelle ne sera pas la même.


2. Identifier le type de site

Le contexte de l’observation est également important.

Par exemple :

  • point d’apport volontaire ;

  • pied d’immeuble ;

  • bord de route ;

  • parking ;

  • parc ;

  • zone commerciale ;

  • proximité d’une déchèterie ;

  • espace naturel ;

  • centre-ville.

Cette information aide à rechercher d’éventuelles causes communes.


3. Qualifier les déchets constatés

La typologie constitue un autre indicateur essentiel.

La collectivité peut utiliser une nomenclature simple :

  • encombrants ;

  • déchets ménagers ;

  • cartons ;

  • verre ;

  • déchets verts ;

  • gravats ;

  • déchets de chantier ;

  • déchets électriques ;

  • mobilier ;

  • textiles ;

  • autres.

L’objectif n’est pas de créer une classification excessivement complexe.

Une nomenclature trop détaillée peut rendre la saisie difficile et produire des données peu homogènes.


4. Estimer la quantité ou le volume

Lorsque cela est possible, la collectivité peut ajouter une estimation du volume constaté.

Par exemple :

  • faible ;

  • moyen ;

  • important ;

  • très important.

Ou une estimation plus quantitative :

  • moins de 0,5 m³ ;

  • 0,5 à 1 m³ ;

  • 1 à 3 m³ ;

  • plus de 3 m³.

Cette information permet de distinguer :

un grand nombre de petits dépôts

de :

quelques dépôts représentant des volumes importants.


5. Enregistrer la date et l’heure

Chaque observation doit comporter au minimum une date.

Lorsque cela apporte une information utile, l’heure ou une tranche horaire peut également être enregistrée.

Ces données permettent ensuite d’analyser :

  • l’évolution mensuelle ;

  • les périodes saisonnières ;

  • les jours récurrents ;

  • la fréquence des constats.


6. Ajouter une photographie

La photographie constitue une donnée particulièrement intéressante.

Elle permet :

  • d’illustrer le constat ;

  • d’évaluer visuellement son importance ;

  • de conserver une preuve de la situation observée ;

  • de comparer avant et après une intervention.

La photographie doit rester rattachée au bon événement, au bon lieu et à la bonne date.


7. Mesurer la récurrence

C’est probablement l’un des indicateurs les plus utiles.

Un dépôt ponctuel et un dépôt récurrent ne doivent pas être analysés de la même manière.

Pour chaque emplacement, il peut être intéressant de suivre :

  • nombre de signalements ;

  • nombre d’interventions ;

  • date du précédent constat ;

  • délai depuis la dernière intervention ;

  • fréquence moyenne de réapparition.


Exemple

Site A

3 dépôts en douze mois.

Site B

3 dépôts en trois semaines.

Le volume annuel est identique.

Mais le second site mérite probablement une analyse prioritaire.


8. Enregistrer l’origine du signalement

La collectivité peut également identifier la source du constat :

  • agent terrain ;

  • habitant ;

  • élu ;

  • prestataire ;

  • police municipale ;

  • plateforme de signalement ;

  • tournée de collecte.

Cette information permet de comprendre comment les phénomènes sont détectés et de mesurer la complémentarité des sources.


9. Suivre l’intervention réalisée

Les données terrain doivent idéalement être reliées à l’action effectuée.

Pour chaque intervention :

  • date ;

  • type d’intervention ;

  • service responsable ;

  • agent ou prestataire ;

  • statut ;

  • durée ;

  • éventuel coût ;

  • photographie après intervention.

Cela permet de passer du simple signalement au pilotage opérationnel.


10. Mesurer le délai d’intervention

Le délai entre :

signalement → intervention

constitue un indicateur intéressant pour le service.

Exemple :

Signalement Intervention Délai
3 août 4 août 1 jour
5 août 8 août 3 jours
7 août 7 août 0 jour
À l’échelle du territoire, la collectivité peut ensuite calculer un délai moyen.

Cet indicateur relève du pilotage opérationnel ; il ne doit pas être présenté comme un indicateur réglementaire obligatoire du PLPDMA.


11. Identifier les causes probables avec prudence

Lorsque le contexte le permet, une hypothèse peut être ajoutée :

  • équipement saturé ;

  • manque de lisibilité ;

  • erreur de tri ;

  • accès difficile ;

  • absence d’équipement adapté ;

  • comportement récurrent ;

  • travaux ;

  • événement ponctuel.

Mais il faut distinguer clairement :

fait observé

et

hypothèse d’explication.

Cette distinction évite de transformer une interprétation en donnée objective.


12. Associer les actions de prévention

Lorsque des actions sont mises en place, elles doivent pouvoir être reliées aux sites concernés.

Exemples :

  • campagne de sensibilisation ;

  • nouvelle signalétique ;

  • changement d’emplacement ;

  • ajout d’un contenant ;

  • adaptation de la collecte ;

  • action de médiation ;

  • modification de l’aménagement.

La date de mise en œuvre doit être enregistrée afin de pouvoir comparer la situation avant et après.


Exemple de fiche terrain

Champ Exemple
Date 08/08/2026
Site PAV rue des Acacias
Coordonnées Géolocalisées
Type de site Point d’apport volontaire
Déchets Encombrants
Volume estimé 1 à 3 m³
Photo Oui
Signalement Agent
Récurrence 6e constat en 2 mois
Intervention Enlèvement
Délai 1 jour
Action préventive Signalétique installée
Statut À suivre

13. Construire un historique plutôt qu’écraser les données

Une bonne base de suivi ne doit pas remplacer l’ancien constat par le nouveau.

Chaque événement doit rester dans l’historique.

Cela permet de reconstituer :

  • la succession des constats ;

  • les interventions ;

  • les actions de prévention ;

  • l’évolution du phénomène.


Exemple d’historique

Site : rue des Tilleuls

Janvier 8 dépôts.

Février 7 dépôts.

Mars 6 dépôts.

1er avril nouvelle signalétique.

Avril 4 dépôts.

Mai 3 dépôts.

Juin 2 dépôts.

Cette évolution ne suffit pas, à elle seule, à prouver que la signalétique est la cause de la baisse.

Mais elle permet de constater objectivement une tendance à suivre.


14. Les données minimales à standardiser

Pour éviter de créer une saisie trop lourde, la collectivité peut commencer avec un socle limité.

Je recommande au minimum :

  • date ;

  • localisation ;

  • typologie ;

  • photographie ;

  • volume estimé ;

  • statut ;

  • intervention ;

  • récurrence.

Puis ajouter progressivement d’autres champs si leur usage est réellement utile.


Ne pas collecter des données sans objectif

C’est une règle importante.

Chaque champ doit répondre à une question.

Par exemple :

« Pourquoi enregistrons-nous la typologie ? »

Pour savoir quels déchets sont les plus concernés.

« Pourquoi enregistrons-nous la localisation ? »

Pour identifier les zones prioritaires.

« Pourquoi enregistrons-nous la récurrence ? »

Pour distinguer les incidents ponctuels des problèmes structurels.

« Pourquoi enregistrons-nous le délai d’intervention ? »

Pour piloter l’efficacité opérationnelle.

Si une donnée n’est jamais utilisée, sa saisie finit généralement par être abandonnée.


Du relevé terrain au tableau de bord

Une fois ces informations structurées, elles peuvent alimenter plusieurs indicateurs :

  • nombre de constats ;

  • nombre de sites actifs ;

  • sites les plus récurrents ;

  • typologies dominantes ;

  • volumes estimés ;

  • délais d’intervention ;

  • évolution mensuelle ;

  • évolution après action.

La donnée terrain devient alors exploitable pour le pilotage et peut contribuer au suivi du PLPDMA.


Comment GesDéchets peut structurer ces données

Avec GesDéchets, chaque observation peut être rattachée à un lieu et à un historique.

La logique de suivi peut intégrer :

Localisation → constat → photographie → typologie → intervention → statut → historique

Cette structuration permet ensuite d’analyser les données à l’échelle :

  • d’un site ;

  • d’un quartier ;

  • d’un secteur ;

  • de l’ensemble du territoire.

L’intérêt réside moins dans la multiplication des données que dans leur cohérence dans le temps.


Conseil GesTerritoires

Commencez simple.

Une grille parfaitement renseignée avec huit champs utiles vaut mieux qu’un formulaire de trente critères utilisé de manière incomplète.

Le modèle doit être suffisamment rapide pour être utilisé sur le terrain.


À retenir

Pour produire des données terrain réellement exploitables dans le cadre d’un PLPDMA, il faut standardiser au minimum :

Où ? → Quand ? → Quoi ? → Combien ? → À quelle fréquence ? → Quelle intervention ? → Quel résultat ?

Ce socle permet de transformer les observations quotidiennes des agents en une base de connaissance territoriale.

La prochaine étape consiste ensuite à agréger ces relevés pour construire des indicateurs capables d’orienter les actions et de mesurer leur évolution.

Partie 3 — Transformer les données terrain en indicateurs utiles au PLPDMA

Collecter des données n’a d’intérêt que si elles permettent ensuite de comprendre une situation, de prioriser une action ou de mesurer une évolution.

À partir du moment où les observations de terrain sont localisées, datées, catégorisées et historisées, la collectivité peut construire des indicateurs simples mais particulièrement utiles pour le pilotage.

L’objectif n’est pas de multiplier les tableaux de bord. Il est de sélectionner quelques indicateurs capables de répondre à des questions concrètes :

  • où se concentrent les difficultés ?

  • quels phénomènes sont les plus fréquents ?

  • quels sites récidivent ?

  • quels délais d’intervention observe-t-on ?

  • les actions mises en place produisent-elles un effet mesurable ?

Ces indicateurs peuvent contribuer au diagnostic et au suivi d’un PLPDMA, sans être présentés comme des indicateurs réglementaires obligatoires en eux-mêmes.


1. Cartographier les points noirs

La géolocalisation est souvent la première étape utile.

Une carte permet de visualiser immédiatement :

  • les lieux les plus touchés ;

  • les regroupements géographiques ;

  • les zones récurrentes ;

  • les secteurs peu concernés ;

  • la proximité éventuelle d’équipements ou de points de collecte.

Exemple

Sur une période de six mois :

  • 240 constats sont enregistrés ;

  • 95 sont concentrés sur 8 sites ;

  • 3 sites représentent à eux seuls 42 % des constats.

Le simple volume global ne permet pas de voir cette concentration.

La cartographie, si.


2. Mesurer la récurrence par site

Tous les constats ne se valent pas.

Un dépôt isolé sur un site ne présente pas le même enjeu qu’un emplacement où un problème réapparaît chaque semaine.

Un indicateur de récurrence peut prendre plusieurs formes :

  • nombre de constats par site ;

  • nombre de constats sur 30 jours ;

  • délai moyen entre deux occurrences ;

  • nombre de récidives après intervention.

Exemple

Site Constats sur 3 mois Fréquence moyenne
PAV rue de la Gare 18 1 tous les 5 jours
Parking du stade 4 1 toutes les 3 semaines
Rue des Écoles 2 Ponctuel
Le site de la Gare devient immédiatement prioritaire.

3. Analyser la typologie des déchets

La nature des déchets constatés peut orienter les actions de prévention.

Exemple de répartition :

Typologie Part
Encombrants 38 %
Cartons 22 %
Déchets ménagers 18 %
Déchets verts 12 %
Autres 10 %
Cette lecture peut aider à distinguer :
  • un problème d’usage ;

  • un problème d’information ;

  • un problème d’équipement ;

  • une difficulté liée à un flux spécifique.

La typologie ne doit pas être interprétée automatiquement comme une cause. Elle constitue un élément du diagnostic.


4. Suivre l’évolution dans le temps

Un indicateur isolé est rarement suffisant.

Il devient beaucoup plus utile lorsqu’il est comparé dans le temps.

La collectivité peut suivre :

  • évolution mensuelle ;

  • évolution trimestrielle ;

  • comparaison N / N-1 ;

  • saisonnalité ;

  • évolution avant et après une action.

Exemple

Nombre de constats :

2025 : 1 240 2026 : 980

L’évolution est de :

-21 %

Cette baisse constitue un signal intéressant, mais elle doit être interprétée avec prudence : modification des pratiques de signalement, changement du périmètre observé, évolution des tournées ou autres facteurs peuvent aussi influencer le résultat.


5. Mesurer les délais d’intervention

Le délai entre le signalement et le traitement constitue un indicateur opérationnel utile.

Il permet notamment de mesurer :

  • la réactivité du service ;

  • les écarts entre secteurs ;

  • les périodes de tension ;

  • l’évolution de la performance dans le temps.

Indicateurs possibles

  • délai moyen ;

  • délai médian ;

  • part des interventions réalisées sous 24 h ;

  • part réalisées sous 72 h ;

  • nombre d’interventions en attente.

Exemple

Mois Délai moyen
Janvier 3,2 jours
Février 2,8 jours
Mars 2,1 jours
Avril 1,9 jour
Cette évolution permet de suivre une amélioration opérationnelle.

6. Distinguer activité du service et évolution du phénomène

C’est un point essentiel.

Une augmentation du nombre d’interventions ne signifie pas nécessairement que la situation se dégrade.

Elle peut aussi traduire :

  • une meilleure détection ;

  • une organisation plus efficace ;

  • une augmentation des signalements ;

  • un élargissement du périmètre suivi.

Il est donc préférable de croiser plusieurs indicateurs.

Par exemple :

Nombre de constats + nombre d’interventions + nombre de sites récurrents + volume estimé

Cette combinaison donne une lecture plus robuste.


7. Comparer avant et après une action

C’est probablement l’un des usages les plus intéressants pour un PLPDMA.

Lorsqu’une action est mise en place sur un site, il devient possible de comparer la situation avant et après.

Exemple

Site : PAV avenue de la République

Avant l’action :

  • 24 constats en 3 mois ;

  • 8 constats par mois ;

  • encombrants majoritaires ;

  • délai moyen d’intervention : 2,5 jours.

Action mise en place :

  • nouvelle signalétique ;

  • réorganisation de l’espace ;

  • campagne d’information.

Après l’action :

  • 12 constats en 3 mois ;

  • 4 constats par mois ;

  • baisse de 50 % des occurrences.

Ce résultat montre une évolution positive.

Mais il ne faut pas conclure trop vite que l’action est seule responsable de cette baisse.

Une période plus longue et d’autres données peuvent être nécessaires pour confirmer la tendance.


8. Construire un indicateur de site prioritaire

Pour faciliter la priorisation, la collectivité peut construire un score interne.

Par exemple, sur 10 points :

  • fréquence : 0 à 3 ;

  • volume : 0 à 2 ;

  • récidive : 0 à 2 ;

  • impact sur l’espace public : 0 à 2 ;

  • difficulté d’intervention : 0 à 1.

Exemple

Site Score
Rue de la Gare 9/10
Parking du stade 6/10
Rue des Écoles 3/10
Ce score n’a pas de valeur réglementaire.

Il s’agit d’un outil interne de priorisation.


9. Suivre les coûts opérationnels

Lorsque les données sont disponibles, la collectivité peut aussi analyser :

  • temps agent ;

  • kilomètres parcourus ;

  • coût d’intervention ;

  • coût par site ;

  • coût moyen par type de dépôt.

Exemple

Un site peut représenter seulement 8 % des signalements mais 25 % du coût d’intervention annuel.

Ce type d’information peut orienter les arbitrages.


10. Identifier les phénomènes qui se déplacent

Une action peut réduire les dépôts sur un site sans les supprimer totalement.

Ils peuvent simplement se déplacer vers une rue voisine.

D’où l’intérêt de conserver une vision géographique globale.

Exemple

Avant :

  • 15 constats sur Site A ;

  • 2 constats sur Site B.

Après réaménagement :

  • 5 constats sur Site A ;

  • 11 constats sur Site B.

La situation globale n’a donc pas réellement diminué.

Elle s’est déplacée.


11. Suivre les résultats par type d’action

Si la collectivité mène plusieurs actions, elle peut comparer leur efficacité apparente.

Par exemple :

  • signalétique ;

  • médiation ;

  • modification de l’aménagement ;

  • ajout d’équipement ;

  • adaptation de collecte.

Tableau possible

Action Sites concernés Évolution moyenne
Signalétique 8 -18 %
Réaménagement 5 -35 %
Médiation 4 -22 %
Ces résultats doivent rester interprétés avec prudence, mais ils peuvent aider à identifier les actions les plus prometteuses.

12. Construire un tableau de bord simple

Un tableau de bord PLPDMA enrichi de données terrain peut comporter cinq blocs.

Bloc 1 — Volume

  • nombre de constats ;

  • nombre de sites ;

  • volume estimé.

Bloc 2 — Localisation

  • carte ;

  • top 10 des sites récurrents.

Bloc 3 — Typologie

  • répartition des déchets.

Bloc 4 — Intervention

  • délai moyen ;

  • nombre d’interventions ;

  • nombre d’actions ouvertes.

Bloc 5 — Évolution

  • comparaison N / N-1 ;

  • évolution avant / après action.


Exemple de tableau de bord

Indicateur Valeur
Constats sur 12 mois 1 024
Sites suivis 86
Sites récurrents 14
Délai moyen d’intervention 1,8 jour
Encombrants 41 %
Évolution N / N-1 -16 %
Sites en amélioration 9
Sites à surveiller 5
L’intérêt est de disposer d’une vision immédiatement exploitable.

13. Choisir peu d’indicateurs mais les suivre réellement

Un tableau de bord de 40 indicateurs devient vite illisible.

Pour commencer, je recommande un socle limité :

  • nombre de constats ;

  • nombre de sites récurrents ;

  • top 10 des points noirs ;

  • typologie dominante ;

  • délai moyen d’intervention ;

  • évolution N / N-1 ;

  • évolution avant / après action.

Ces sept indicateurs couvrent déjà une grande partie du besoin.


14. Ne pas oublier la qualité des données

Un indicateur n’est fiable que si la donnée source l’est.

Il faut donc surveiller :

  • taux de fiches complètes ;

  • cohérence des catégories ;

  • qualité de la géolocalisation ;

  • doublons ;

  • variation des pratiques de saisie entre agents.

Une amélioration apparente peut parfois simplement provenir d’une baisse du nombre de relevés.


Comment GesDéchets peut aider à construire ces indicateurs

Avec GesDéchets, les constats terrain peuvent être structurés autour d’une logique géographique et historique.

Les données peuvent ensuite être regroupées pour analyser :

  • les zones les plus touchées ;

  • les types de déchets ;

  • les récidives ;

  • les interventions ;

  • les évolutions dans le temps.

La valeur ajoutée ne réside donc pas uniquement dans la collecte.

Elle se situe dans le passage :

Donnée terrain → historique → indicateur → décision


Conseil GesTerritoires

Avant de créer un indicateur, posez une question simple :

Quelle décision pourra-t-il éclairer ?

Si l’indicateur n’aide ni à prioriser, ni à mesurer, ni à agir, il est probablement inutile.


À retenir

Les données terrain deviennent véritablement utiles lorsqu’elles permettent de mesurer :

Où ? → Combien ? → À quelle fréquence ? → Quel type ? → Avec quelle évolution ?

Pour un PLPDMA, elles peuvent notamment enrichir :

  • le diagnostic ;

  • l’identification des secteurs prioritaires ;

  • le suivi des actions ;

  • l’évaluation de certaines évolutions locales.

Elles apportent une vision factuelle complémentaire aux données de flux, aux enquêtes et à la concertation.

Partie 4 — Bonnes pratiques, erreurs à éviter, FAQ et ressource à télécharger

Les données de terrain peuvent considérablement enrichir le pilotage d’un PLPDMA, à condition d’être utilisées avec méthode.

L’objectif n’est pas d’accumuler des signalements, des photographies ou des tableaux. Il est de construire une donnée suffisamment fiable pour permettre à la collectivité de comprendre une situation, cibler ses actions et suivre leur évolution.

Le cadre réglementaire prévoit notamment que le PLPDMA comporte des objectifs de réduction, des mesures à mettre en œuvre et des indicateurs permettant d’en suivre les résultats. Il fait également l’objet d’un bilan annuel et d’une évaluation tous les six ans. Légifrance


Les erreurs à éviter

Erreur n°1 — Réduire le PLPDMA aux dépôts sauvages

Les dépôts sauvages ou irréguliers constituent un sujet visible sur le terrain, mais ils ne représentent qu’une partie des problématiques de prévention des déchets.

Un PLPDMA porte plus largement sur la prévention des déchets ménagers et assimilés.

Les données issues de GesDéchets doivent donc être présentées comme une contribution au diagnostic et au suivi de certaines actions, et non comme l’ensemble du PLPDMA.

Bonne pratique

Croiser les observations terrain avec :

  • les données de collecte ;

  • les tonnages ;

  • les études ;

  • les enquêtes ;

  • la concertation ;

  • les données territoriales ;

  • les autres indicateurs retenus dans le programme.


Erreur n°2 — Confondre signalement et phénomène réel

Une hausse des signalements ne signifie pas automatiquement que les dépôts augmentent.

Elle peut aussi résulter :

  • d’une application plus utilisée ;

  • d’agents mieux équipés ;

  • d’une campagne incitant les habitants à signaler ;

  • d’un élargissement du périmètre observé.

Il faut donc interpréter les données avec prudence.

Exemple

2025 :

600 signalements

2026 :

900 signalements

Cela ne permet pas, à lui seul, d’affirmer :

« Les dépôts ont augmenté de 50 %. »

Il faut vérifier si les conditions de collecte de la donnée sont comparables.


Erreur n°3 — Modifier les catégories en permanence

Si les agents utilisent successivement :

encombrant mobilier meuble dépôt volumineux déchet encombrant

pour désigner le même phénomène, l’analyse devient difficile.

Bonne pratique

Définir une nomenclature commune, courte et stable.

Par exemple :

  • encombrants ;

  • déchets ménagers ;

  • cartons ;

  • déchets verts ;

  • déchets de chantier ;

  • DEEE ;

  • autres.


Erreur n°4 — Demander trop d’informations aux agents

Un formulaire trop complexe finit généralement par être mal renseigné.

Si une intervention terrain nécessite plusieurs minutes de saisie, certains champs risquent d’être abandonnés.

Bonne pratique

Commencer avec un socle minimal :

Date + localisation + typologie + photographie + volume + intervention + statut + récurrence

Puis ajouter uniquement les données réellement utilisées.


Erreur n°5 — Confondre fait observé et cause supposée

Exemple :

Fait

12 sacs déposés au pied d’un point d’apport volontaire.

Hypothèse

Le conteneur était probablement plein.

Ce ne sont pas les mêmes informations.

La cause supposée doit rester identifiée comme une hypothèse tant qu’elle n’est pas vérifiée.


Erreur n°6 — Mesurer uniquement l’activité des services

Compter les interventions permet de mesurer une activité.

Mais cela ne permet pas nécessairement de mesurer l’évolution du problème.

Exemple :

+20 % d’interventions

peut signifier :

  • davantage de dépôts ;

  • meilleure détection ;

  • service plus réactif ;

  • davantage de tournées.

Il est donc préférable de croiser :

constats + sites récurrents + volumes + interventions + évolution géographique.


Erreur n°7 — Déclarer trop rapidement qu’une action fonctionne

Une baisse observée après une campagne de sensibilisation est intéressante.

Elle ne suffit pas nécessairement à démontrer que la campagne en est la seule cause.

D’autres facteurs peuvent intervenir :

  • saison ;

  • modification des tournées ;

  • changement d’aménagement ;

  • météo ;

  • déplacement du phénomène ;

  • variation des signalements.

Bonne pratique

Comparer plusieurs périodes et conserver un historique suffisamment long.


8 bonnes pratiques pour exploiter les données terrain

1. Standardiser les relevés

Tous les agents doivent utiliser les mêmes catégories et les mêmes règles de saisie.

2. Géolocaliser les observations

La dimension spatiale permet d’identifier rapidement les zones récurrentes.

3. Conserver l’historique

Ne jamais remplacer une ancienne observation par la nouvelle.

4. Relier constat et intervention

Chaque intervention doit pouvoir être associée au phénomène qui l’a déclenchée.

5. Identifier les sites récurrents

Un problème régulier doit être distingué d’un incident ponctuel.

6. Mesurer avant et après les actions

Conserver une période de référence avant intervention.

7. Contrôler la qualité des données

Vérifier périodiquement les doublons, les saisies incomplètes et les catégories incohérentes.

8. Limiter les indicateurs

Conserver uniquement ceux qui contribuent réellement à une décision.


Une méthode simple en 5 étapes

Pour une collectivité qui démarre, je recommande le processus suivant :

1 — Observer

Enregistrer le phénomène.

2 — Structurer

Localiser, catégoriser, dater et documenter.

3 — Analyser

Identifier fréquence, récurrence et concentration.

4 — Agir

Mettre en œuvre une action adaptée.

5 — Mesurer

Comparer la situation avant et après.

Le cycle devient :

Observer → Comprendre → Prioriser → Agir → Mesurer


Checklist opérationnelle PLPDMA / données terrain

Organisation

☐ Les objectifs de la collecte sont définis ☐ Une nomenclature commune existe ☐ Les agents utilisent la même grille ☐ Les responsabilités sont identifiées

Observation

☐ Date renseignée ☐ Localisation renseignée ☐ Typologie renseignée ☐ Volume ou importance estimé ☐ Photographie disponible lorsque pertinente

Historique

☐ Les événements précédents sont conservés ☐ Les récidives sont identifiables ☐ Les interventions sont liées aux observations

Analyse

☐ Nombre de constats suivi ☐ Sites récurrents identifiés ☐ Typologie analysée ☐ Évolution temporelle mesurée ☐ Répartition géographique analysée

Évaluation

☐ Situation initiale connue ☐ Date de l’action enregistrée ☐ Indicateurs avant/après comparables ☐ Évolution suivie dans le temps


FAQ

Quelles collectivités doivent élaborer un PLPDMA ?

Le PLPDMA est prévu par le Code de l’environnement pour les collectivités territoriales ou groupements compétents concernés par la prévention des déchets ménagers et assimilés. Son cadre réglementaire figure aux articles R.541-41-19 à R.541-41-28. Légifrance


Un PLPDMA doit-il comporter des indicateurs ?

Oui.

Le dispositif réglementaire prévoit notamment des objectifs et des indicateurs permettant de suivre les résultats des mesures mises en œuvre. Le bilan annuel évalue l’impact des mesures, notamment au moyen de ces indicateurs lorsqu’ils peuvent être renseignés annuellement. Légifrance


À quelle fréquence le PLPDMA est-il évalué ?

Le programme fait l’objet d’une évaluation tous les six ans par la commission prévue par le Code de l’environnement. Cette évaluation est ensuite portée à la connaissance de l’organe délibérant, qui se prononce sur la nécessité éventuelle d’une révision. Légifrance


Les données de dépôts sauvages sont-elles obligatoires dans un PLPDMA ?

Le cadre réglementaire du PLPDMA ne prescrit pas une base de données de dépôts sauvages comme telle.

Ces données constituent donc une source complémentaire de connaissance du terrain, utile lorsque la collectivité souhaite analyser ce phénomène ou mesurer l’effet d’actions associées.


Peut-on utiliser uniquement les données GesDéchets pour réaliser le diagnostic ?

Non.

Un diagnostic PLPDMA doit s’appuyer sur une vision plus large du territoire et de la prévention des déchets.

Les données GesDéchets peuvent compléter :

  • données quantitatives ;

  • caractéristiques territoriales ;

  • études ;

  • concertation ;

  • enquêtes ;

  • autres sources disponibles.


Pourquoi cartographier les observations ?

La cartographie permet de faire apparaître :

  • des concentrations ;

  • des sites récurrents ;

  • des déplacements du phénomène ;

  • des différences entre secteurs.

Elle complète donc utilement les statistiques globales.


Combien d’indicateurs faut-il suivre ?

Il n’existe pas de nombre universel.

Il est préférable de retenir un nombre limité d’indicateurs directement associés aux objectifs et aux actions du programme.

Pour les données terrain, un socle simple peut suffire :

  • nombre de constats ;

  • sites récurrents ;

  • typologie ;

  • localisation ;

  • évolution ;

  • délai d’intervention ;

  • comparaison avant/après.


Peut-on mesurer l’efficacité d’une campagne de sensibilisation avec ces données ?

Elles peuvent contribuer à l’évaluation.

Par exemple, il est possible de comparer la fréquence des constats sur une période avant et après la campagne.

Mais cette évolution doit être interprétée avec prudence : elle ne démontre pas nécessairement à elle seule un lien de causalité.


GesDéchets remplace-t-il un PLPDMA ?

Non.

GesDéchets est un outil de connaissance et de suivi du terrain.

Il peut contribuer à alimenter certains éléments du diagnostic, à structurer les observations et à suivre l’évolution de certains phénomènes, mais il ne remplace ni l’élaboration du programme, ni la concertation, ni les autres données nécessaires.


Ressource gratuite

Grille de diagnostic terrain pour un PLPDMA

Pour aider les collectivités à structurer leurs observations, GesTerritoires met à disposition une grille pratique permettant de relever :

  • localisation ;

  • type de site ;

  • typologie des déchets ;

  • volume estimé ;

  • photographie ;

  • date ;

  • origine du signalement ;

  • niveau de récurrence ;

  • intervention réalisée ;

  • délai d’intervention ;

  • action de prévention ;

  • résultat observé ;

  • suivi dans le temps.

Télécharger gratuitement la grille de diagnostic terrain PLPDMA


Comment GesDéchets peut contribuer au suivi

Lorsque les constats sont dispersés entre e-mails, appels, photographies, tableurs et comptes rendus d’intervention, il devient difficile de construire une connaissance fiable du phénomène.

Avec GesDéchets, les observations peuvent être structurées autour du territoire et de leur historique :

Localisation → constat → photographie → typologie → intervention → évolution

Cela permet notamment de :

  • cartographier les observations ;

  • identifier les zones récurrentes ;

  • retrouver l’historique d’un site ;

  • suivre les interventions ;

  • comparer certaines périodes ;

  • produire des indicateurs de pilotage.


Conclusion

Un PLPDMA efficace doit permettre de passer d’une connaissance générale du territoire à des actions mesurables.

Les données de terrain constituent une source particulièrement intéressante lorsqu’elles sont :

  • structurées ;

  • géolocalisées ;

  • historisées ;

  • comparables ;

  • reliées aux actions menées.

Elles permettent de transformer une succession de constats en une véritable connaissance territoriale :

Constat → donnée → indicateur → action → mesure

Pour la collectivité, l’enjeu n’est donc pas de collecter davantage d’informations, mais de collecter les bonnes informations de manière suffisamment homogène pour pouvoir les exploiter dans le temps.


Aller plus loin avec GesDéchets

Vous souhaitez disposer d’une vision cartographique et historique des constats et interventions liés aux déchets sur votre territoire ?

GesDéchets, module de l’écosystème GesTerritoires, permet de structurer les observations terrain et d’en conserver l’historique.

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